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Les conditions suspensives dans le compromis de vente
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Les conditions suspensives dans le compromis de vente

Lors d’une transaction immobiliĂšre, vendeur et acheteur doivent s’entendre sur le prix du bien avant de signer le compromis de vente, acte qui entĂ©rine l’accord entre les deux parties mais dont il est possible de se libĂ©rer. Sous certaines conditions, une vente immobiliĂšre peut ĂȘtre annulĂ©e. Les conditions suspensives sont des clauses intĂ©grĂ©es dans un compromis de vente. Elles dĂ©finissent la finalitĂ© d'une vente et protĂšge les parties engagĂ©es. Dans cet article, vous connaĂźtrez les diffĂ©rentes clauses suspensives, lesquelles sont obligatoires, ainsi que leur durĂ©e et leur mise en application.

Qu’est-ce qu’une condition suspensive ? 

Définition 

Une condition suspensive est une clause insĂ©rĂ©e dans le compromis de vente d’une transaction immobiliĂšre. Celle-ci donne Ă  l’acquĂ©reur la possibilitĂ© de renoncer Ă  l’achat sans verser de contrepartie financiĂšre. Ainsi, une condition suspensive libĂšre les parties engagĂ©es de leurs obligations dans les cas suivants : 

  • un prĂȘt bancaire refusé ; 
  • un droit de prĂ©emption de collectivité ;
  • un refus de permis de construire. 

La rĂ©daction des clauses suspensives est assurĂ©e par un notaire. Leur insertion dans le compromis de vente scelle un accord entre l'acquĂ©reur et le vendeur. Pour qu'une condition suspensive soit valable, celle-ci doit impĂ©rativement dĂ©pendre d'un imprĂ©vu indĂ©pendant de la volontĂ© des parties. Il est donc important de prendre le temps de dĂ©finir des conditions suspensives adaptĂ©es Ă  chaque situation et au bien immobilier concernĂ©. Le nombre de conditions suspensives importe peu, mais chacune des parties doit les approuver. Rappelons que sans condition suspensive, l'acheteur s'expose Ă  des pĂ©nalitĂ©s financiĂšres en cas de renonciation Ă  l’achat.

Durée et obligations 

La seule condition suspensive obligatoire est l’obtention du prĂȘt immobilier. De fait, les acquĂ©reurs qui doivent financer l'achat de leur bien en ayant recours Ă  un crĂ©dit sont tenus d'insĂ©rer cette condition suspensive dans le compromis de vente. À l’obtention du prĂȘt, s’ajoute le droit de prĂ©emption mais il est implicite, il n’est donc pas nĂ©cessaire d’insĂ©rer cette clause dans le compromis de vente. La durĂ©e de validitĂ© d'une condition suspensive est ad minima d'un mois, Ă  compter de la date de signature du compromis de vente. Mais dans la pratique, le dĂ©lai fixé varie entre 45 et 60 jours, ce qui suffit Ă  obtenir une rĂ©ponse de l’établissement bancaire sollicitĂ© pour la demande de prĂȘt.  NĂ©gocier un dĂ©lai supplĂ©mentaire peut ĂȘtre judicieux car les banques tardent parfois Ă  traiter les dossiers. Ainsi, un dĂ©lai supplĂ©mentaire de 8 jours Ă  compter de la date limite initiale donne Ă  l'acquĂ©reur la possibilitĂ© de motiver son retard. 

Quelles sont les conditions suspensives dans un compromis de vente ? 

La condition suspensive d’obtention du prĂȘt immobilier

Mise en place par la loi dite Scrivener du 13 juillet 1979, la clause relative Ă  la condition suspensive d’obtention d’un prĂȘt bancaire permet d’annuler la vente dans le cas oĂč le prĂȘt n’est pas accordĂ© Ă  l’acheteur. En effet, si l’achat du bien immobilier est conditionnĂ© Ă  l’obtention d’un crĂ©dit bancaire, alors une clause doit ĂȘtre insĂ©rĂ©e dans le compromis de vente. TrĂšs protectrice de l’acquĂ©reur, la loi impose tout de mĂȘme Ă  celui-ci d’apporter la preuve que le prĂȘt lui a Ă©tĂ© refusĂ©. Dans ce cas prĂ©cis, l’acquĂ©reur envoie une lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception au vendeur l’informant de son intention d’annuler la vente. L’acquĂ©reur n’a pas Ă  indemniser le vendeur pour renoncement Ă  l’achat par jeu de la condition suspensive. NĂ©anmoins, il lui incombe d’apporter la preuve que le prĂȘt bancaire lui a Ă©tĂ© refusĂ©, sans quoi il ne pourra pas faire jouer la condition suspensive. DĂšs lors, le vendeur doit rembourser Ă  l’acheteur les sommes versĂ©es, cela indemnitĂ© ni retenue. 

Les autres conditions suspensives 

  • la condition suspensive d'obtention de permis de construire ; 
  • l'absence de servitude, (droit de passage) y compris les servitudes de cour commune ou de droit privĂ© ;
  • la vente d'un autre bien qui donne Ă  l’acquĂ©reur la possibilitĂ© de renoncer Ă  la vente s'il ne parvient pas Ă  vendre son logement ; 
  • la condition suspensive de rĂ©alisation de travaux, qui approuve une annulation du compromis lorsque des travaux Ă  la charge du vendeur n'ont pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s ;
  • le droit de prĂ©emption, qui casse le processus de vente en cas de prioritĂ© d'un ayant droit ou d'une collectivitĂ© locale. 

D'autres conditions suspensives peuvent ĂȘtre insĂ©rĂ©es au compromis de vente : 

  • l'obtention du dossier complet de diagnostics immobiliers obligatoires ;
  • l'absence d’hypothĂšque supĂ©rieure au prix de vente ; 
  • l'autorisation de changement de destination. 

Le dĂ©lai de rĂ©tractation lĂ©gal de 10 jours, dont dispose l'acquĂ©reur pour annuler le compromis de vente, constitue Ă©galement une condition suspensive. Par ailleurs, il est Ă  noter que ce dĂ©lai est nĂ©gociable et peut ĂȘtre prolongĂ© avec l'accord des deux parties.

IndĂ©pendamment des clauses suspensives abordĂ©es prĂ©cĂ©demment, si l’acheteur souhaite annuler le compromis de vente, il en a le droit, mais dans ce cas, le vendeur peut invoquer le fait d’ĂȘtre lĂ©sĂ© et obtenir de l’acheteur, le versement d’une indemnisation pour le prĂ©judice. Le montant de l’indemnisation est prĂ©vu par une clause de dĂ©dit ou une clause pĂ©nale, inscrite dans le compromis de vente. 

La loi Scrivener

IntĂ©grĂ©e au Code de la Consommation depuis le 13 juillet 1979, la loi Scrivener constitue une sĂ©rie de mesures qui garantissent l’information et la protection du consommateur du prĂȘt immobilier. Elle s’applique lors de toute opĂ©ration immobiliĂšre et ce, quel que soit le bien concerné : logement d’habitation (maison, appartement, neuf ou ancien), terrain, local professionnel et constructions dont le coĂ»t n’excĂšde pas 21 500 €. La loi Scrivener concerne les personnes physiques et ne s’applique pas aux sociĂ©tĂ©s. Elle a particuliĂšrement rĂ©glementĂ© l’offre de crĂ©dit et le dĂ©lai de rĂ©flexion. En effet, une fois l’offre prĂ©alable de prĂȘt Ă©tablie, le futur emprunteur potentiel bĂ©nĂ©ficie d’un dĂ©lai de 10 jours pour Ă©tudier l’offre. S’il l’accepte, l’emprunteur doit la renvoyer par courrier. L’acceptation de l’offre ne peut pas s’effectuer avant la fin du dĂ©lai de rĂ©flexion.

À retenir : Dans un compromis de vente, seule la condition liĂ©e Ă  l’obtention du prĂȘt bancaire par l’acquĂ©reur est obligatoire. Toute autre condition suspensive ajoutĂ©e Ă  au compromis de vente est facultative. Notez que le but des conditions suspensives est de protĂ©ger acquĂ©reurs et vendeurs d’éventuels dĂ©sengagements abusifs.

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